« Et si je ne me réveille pas ? »
Ou alors « Et si je dis quelque chose que je ne voulais pas dire ? »
Mais aussi « Et si je perds le contrôle ? »
Ces questions reviennent souvent lorsqu’une personne envisage une première séance d’hypnose.
Elles sont compréhensibles. L’hypnose de spectacle a largement installé l’idée qu’une personne hypnotisée deviendrait passive, endormie ou soumise à la volonté de celui qui l’accompagne.
L’expérience thérapeutique est très différente.
Pendant une séance, vous restez consciente, présente et capable de parler, de bouger ou d’interrompre l’expérience. L’objectif n’est pas de vous retirer votre contrôle. Il est de permettre à la partie de vous qui cherche déjà à tout contrôler de ne plus être la seule à tenter de résoudre le problème.
L’hypnose ouvre alors une autre qualité d’attention. Le langage, les sensations, les images intérieures et l’imaginaire deviennent des voies d’exploration. Non pour échapper à la réalité, mais pour enrichir la manière dont vous la percevez et retrouver de nouvelles possibilités d’action.
Qu’est-ce que l’hypnose ?
L’hypnose désigne à la fois un état particulier de conscience et les procédés utilisés pour faciliter cet état.
Nous connaissons tous des moments d’absorption : être plongé dans un livre, perdre la notion du temps devant un paysage ou laisser son esprit voyager en écoutant de la musique.
Ces expériences ordinaires ne sont pas forcément identiques à une séance d’hypnose. Elles permettent néanmoins de comprendre que notre attention n’est jamais fixe. Elle peut se concentrer, s’élargir, se déplacer ou s’absorber dans une expérience intérieure.
Sous hypnose, cette modulation de l’attention est facilitée et utilisée intentionnellement.
La perception du temps peut changer. Les sensations corporelles peuvent devenir plus présentes ou sembler s’éloigner. Une image intérieure peut prendre davantage de relief. Les associations d’idées deviennent parfois plus libres.
La personne ne dort pas. Elle expérimente un état de veille différent, dans lequel les liens entre imaginaire, sensations, perceptions et réponses automatiques deviennent plus accessibles.
Le Groupe hospitalier Paris Saint-Joseph décrit notamment l’hypnose comme un état associant absorption de l’attention, diminution du jugement habituel et plus grande réceptivité aux suggestions, tout en précisant que la personne demeure éveillée.
Peut-on perdre le contrôle sous hypnose ?
Une personne sous hypnose ne devient pas un personnage sans volonté attendant que l’hypnothérapeute appuie sur le bon bouton.
Vous entendez généralement la voix du praticien. Vous pouvez répondre, ajuster votre position, ouvrir les yeux ou signaler qu’une proposition ne vous convient pas.
Une suggestion n’est pas un ordre auquel le cerveau serait contraint d’obéir. C’est une proposition que vous pouvez accepter, modifier, utiliser à votre façon ou laisser de côté.
La sécurité d’une séance repose donc autant sur la technique que sur la relation : le cadre, la confiance, le respect de votre rythme et la possibilité permanente de choisir.
Dans ma pratique, je ne cherche pas à prendre le pouvoir sur la personne. Je l’aide à reprendre contact avec des capacités qui deviennent difficilement accessibles lorsque toute son attention est captée par un problème, une peur ou une stratégie automatique.
L’hypnose ne retire pas le contrôle.
Elle peut permettre de retrouver du choix là où le contrôle s’était précisément rigidifié.
Que devient la conscience pendant l’hypnose ?
La conscience ne disparaît pas. Elle change de manière de fonctionner.
Dans notre état habituel, nous analysons, comparons, anticipons et cherchons souvent à comprendre avant même de vivre l’expérience. Ces capacités sont précieuses. Mais elles peuvent aussi entretenir certaines boucles :
- « Il faut que j’arrête d’y penser. »
- « Je sais que cette peur est irrationnelle. »
- « Je devrais réussir à lâcher prise. »
- « Je comprends mon comportement, mais je continue à le reproduire. »
Sous hypnose, la pensée analytique reste présente, mais elle peut devenir moins dominante. L’attention s’ouvre davantage aux sensations, aux images, aux souvenirs, aux symboles et aux associations spontanées.
Cela permet de travailler autrement qu’en répétant les mêmes raisonnements avec davantage d’intensité.
Vous n’avez d’ailleurs pas besoin de faire taire votre mental pour entrer en hypnose. Penser, douter ou commenter intérieurement l’expérience n’empêche pas nécessairement le processus.
Le doute peut lui-même être accueilli :
Et pendant qu’une partie de vous cherche encore à savoir si cela fonctionne, une autre peut peut-être commencer à remarquer ce qui est déjà légèrement différent…
Pourquoi l’hypnose peut-elle faciliter le changement ?
Nous ne fonctionnons pas uniquement à partir de décisions conscientes.
Une grande partie de nos réponses repose sur des apprentissages devenus automatiques : anticiper un danger, éviter une situation, rechercher l’approbation, manger pour nous apaiser, nous mettre en retrait ou maintenir le contrôle.
Ces stratégies ne sont généralement pas apparues par hasard. Elles ont pu aider à nous protéger, préserver une relation, réduire une tension ou retrouver temporairement un sentiment de sécurité.
La difficulté apparaît lorsqu’une réponse ancienne continue à se déclencher dans un contexte où elle n’est plus nécessaire.
Comme je l’explique dans mon article sur la programmation neuro-linguistique, comprendre l’origine d’un comportement ne suffit pas toujours à le modifier. Il faut parfois transformer la manière dont l’expérience continue de s’organiser dans le présent.
L’hypnose peut notamment permettre de :
- modifier certaines représentations intérieures ;
- retrouver l’accès à des ressources ;
- expérimenter symboliquement une autre réponse ;
- faire évoluer une croyance ;
- développer une perception différente de soi ;
- préparer une situation future ;
- mettre en relation des aspirations contradictoires.
Il ne s’agit pas d’effacer une partie de son histoire ni de recouvrir une difficulté par une pensée positive.
Il s’agit de créer une expérience suffisamment concrète pour que le système puisse découvrir qu’une autre organisation est possible.
Hypnose ericksonienne et hypnose générative : quelle différence ?
Mon approche s’appuie principalement sur l’hypnose ericksonienne et l’hypnose générative.
L’hypnose ericksonienne
Développée à partir du travail du psychiatre Milton Erickson, l’hypnose ericksonienne considère que la personne possède déjà des ressources, des apprentissages et des capacités d’adaptation qui peuvent être mobilisés.
Le langage y est souvent indirect, métaphorique et permissif.
Plutôt que d’imposer une réponse, le praticien crée des conditions favorables à l’émergence d’une solution propre à la personne.
L’expérience est donc personnalisée. Une même métaphore, une même induction ou une même suggestion ne conviendra pas à tout le monde.
L’hypnose générative
L’hypnose générative ne cherche pas seulement à faire disparaître un symptôme ou à corriger un comportement.
Elle vise à faire émerger un état intérieur plus créatif. La personne peut alors retrouver une autre relation à elle-même, à ses ressources et à ce qu’elle souhaite construire.
Le travail peut mobiliser le corps, l’imaginaire, le langage symbolique, les archétypes ou différentes facettes de soi.
Cette approche m’intéresse particulièrement parce qu’elle ne considère pas la personne comme un problème à réparer. Elle l’invite à redevenir actrice d’une expérience en mouvement.
Quelle place le corps occupe-t-il dans l’hypnose ?
Une séance d’hypnose ne se déroule pas uniquement « dans la tête ».
Une image intérieure peut modifier la respiration. Un mot peut faire apparaître une tension ou un relâchement. L’évocation d’une situation peut transformer la posture, le tonus musculaire ou la perception de l’espace.
Dans ma pratique, je reste attentive à ces mouvements subtils.
Je peux inviter une personne à remarquer :
- ce qui change dans sa respiration ;
- l’endroit où une sensation apparaît ;
- la manière dont son corps réagit à une image ou à une phrase ;
- l’impulsion de mouvement qui se présente ;
- la différence entre deux représentations intérieures.
Il ne s’agit pas d’interpréter le corps à sa place. Une gorge serrée ne possède pas une signification universelle. Elle prend sens dans l’expérience singulière de la personne.
Cette attention corporelle rejoint mon approche du yoga et du système nerveux : une proposition n’est pertinente que si le système peut réellement la recevoir et l’intégrer.
Que ressent-on pendant une séance d’hypnose ?
Il n’existe pas une sensation unique prouvant que l’on est hypnotisé.
Vous pouvez ressentir :
- une lourdeur ou une légèreté ;
- une détente ou une énergie inhabituelle ;
- une modification de la perception du temps ;
- des images plus présentes ;
- des sensations plus fines ;
- des mouvements spontanés ;
- l’impression d’être à la fois ici et ailleurs ;
- ou simplement une grande concentration.
Certaines personnes vivent une expérience très immersive. D’autres restent conscientes de chaque bruit et de chaque mot.
Une séance peut être utile sans produire d’effet spectaculaire. La profondeur apparente de l’état hypnotique ne détermine pas, à elle seule, la qualité du travail.
Vous n’avez rien à réussir.
Est-ce que tout le monde est hypnotisable ?
La capacité à entrer dans une expérience hypnotique varie d’une personne à l’autre, mais aussi d’un moment à l’autre.
Certaines personnes accèdent facilement aux images. D’autres sont plus sensibles aux sensations, aux sons, au mouvement ou aux mots.
Une personne très analytique n’est pas nécessairement « résistante ». Elle a simplement besoin d’une porte d’entrée qui respecte sa manière de fonctionner.
La qualité de la relation, la motivation, le sentiment de sécurité et l’adaptation de l’accompagnement jouent également un rôle.
La bonne question n’est donc pas seulement :
Suis-je hypnotisable ?
Mais plutôt :
De quelle manière mon attention peut-elle entrer dans une expérience différente ?
Comment se déroule une séance d’hypnose ?
Une séance commence toujours par un temps d’échange. Nous clarifions votre demande, la situation dans laquelle elle apparaît et ce que vous souhaitez pouvoir vivre différemment.
L’entrée en hypnose peut ensuite s’appuyer sur la respiration, les sensations, une image, un souvenir, un mouvement ou simplement la conversation.
Le travail se construit à partir de ce qui émerge : vos mots, vos représentations, vos réactions corporelles et les ressources déjà présentes.
Enfin, nous prenons un temps pour revenir vers l’état de veille habituel et intégrer l’expérience.
Le déroulement complet d’une séance fera l’objet d’un article spécifique. Il permettra d’expliquer chaque étape sans alourdir cette première présentation de l’hypnose.
Pour quelles demandes l’hypnose peut-elle être utilisée ?
L’hypnose thérapeutique peut accompagner différentes problématiques :
- le stress et certaines réactions anxieuses ;
- les peurs et les phobies ;
- le manque de confiance ou d’affirmation ;
- certaines habitudes ou compulsions ;
- la préparation mentale et la performance ;
- les périodes de transition ;
- le deuil ou la séparation ;
- le rapport au poids et à l’alimentation ;
- la difficulté à prendre une décision ;
- certains schémas relationnels répétitifs.
L’objectif et la méthode doivent cependant être adaptés à chaque personne. Une même manifestation peut remplir des fonctions très différentes selon l’histoire et le contexte.
Quelles sont les limites de l’hypnose thérapeutique ?
L’hypnose n’est ni une méthode magique ni une solution universelle.
Elle ne garantit pas qu’un problème installé depuis plusieurs années disparaîtra en une seule séance. Elle ne remplace pas un diagnostic, un traitement médical ou un suivi psychologique ou psychiatrique lorsqu’ils sont nécessaires.
Certaines situations exigent une orientation vers un professionnel de santé ou un travail coordonné avec celui-ci.
Ma responsabilité consiste aussi à reconnaître ces limites, à évaluer la pertinence de l’accompagnement et à ne pas promettre ce qui ne peut pas l’être.
L’hypnose peut ouvrir des possibilités. Elle ne dispense ni du discernement ni de l’engagement de la personne dans son propre processus.
Découvrir l’hypnose près d’Annecy
Je vous accompagne à Akasha Espace Ressources, à Allonzier-la-Caille, entre Annecy et Genève.
J’intègre l’hypnose à une approche personnalisée qui peut également mobiliser la PNL, le coaching, la respiration et le travail somatique.
Je ne cherche pas à vous faire entrer à tout prix dans un état particulier. Je vous accompagne à partir de votre manière singulière de percevoir, de ressentir et de construire votre expérience.
Car l’hypnose ne consiste pas à remettre son pouvoir entre les mains d’un praticien.
Elle peut, au contraire, devenir un espace où l’on retrouve accès à ce qui, en soi, savait déjà apprendre, imaginer, s’ajuster… et parfois choisir autrement.

